Documentaire Arte « 93 La belle rebelle » – La banlieue magnifiée

Documentaire "93 La belle rebelle" arte

Il y a quelques jours, nous était proposé sur Arte le documentaire « 93 La belle rebelle ». A travers ces images, Jean-Pierre Thorn signe une fois de plus une production engagée sur fond de militantisme, qui montre la Seine-Saint-Denis telle qu’elle respire sans s’encombrer des clichés qui lui coupent les pattes.

Sous forme de fresque musicale, on part à la rencontre de figures emblématiques du département, en balayant les courants qui ont contribué à motiver le changement.  Berceau de la contre-culture, on passe logiquement du rock au punk au mouvement hip hop, avec Dee Nasty, Marc Perrone, Casey, les Béruriers Noirs, NTM, Daniel Boudon ou D’ de Kabal.

60 minutes au service d’une banlieue en constante mutation, avec une phrase qui reste « L’habitat du pauvre est volatile, l’habitat du riche demeure. »

De quoi foutre une gentille claque aux colporteurs de stéréotypes…

Dépêchez-vous, c’est encore gratos sur Arte TV : 93 La Belle Rebelle

Suivez-nous ici.

Influencers : How Trends & Creativity Become Contagious

influencers-movie
Quel est le point commun entre Jay Z, Steve Jobs et Basquiat? Réponse : ils ont, chacun dans leur domaine, créés et lancé des tendances qui ont influé sur la culture populaire. Leurs idées, leurs concepts, leurs arts, leur manière de s’habiller, se sont diffusés dans notre vie de tous les jours comme des virus. Ils sont ce que l’on appelle des « influenceurs« .

Le webdocumentaire « Influencers : How Trends & Creativity Become Contagious » nous présente ceux qui révolutionnent notre monde par leur génie créatif.

Influencers : How Trends & Creativity Become Contagious (version française)

ARTE paye son « Guide Hip Hop » – New York Minute

A l’heure où les webdocumentaires se multiplient, ARTE tient toujours le haut du panier. On a tous pris une grosse claque avec Prison Valley, où le niveau de réalisation frisait l’excellence…

Dans cette nouvelle jungle des webdocs, les sujets ne sont pas toujours hyper attrayants. Et c’est là qu’on est tout heureux de voir débouler le dernier bébé : NEW YORK MINUTE. Au programme une mini-série en 6 épisodes ( 1 / semaine) qui mettent à nu le bouillonnement de la Grosse Pomme sur fond de culture HipHop.

Hier c’était surtout l’ouverture du « Guide Hip Hop » qui accompagne la série. Une encyclopédie collaborative qui nous donne un tas d’anecdotes pour briller en société urbaine. On y apprend en vrac qu’un corner a été renommé en Run-DMC JMJ Way en hommage au groupe mythique et à son défunt DJ, qu’un graffeur a été étranglé par une poignée de képis, scène d’ailleurs illustrée par Basquiat, lui même ayant ses encarts de gloire au sein de cette carte intéractive…bref tous ces « petits » faits qui font que New York reste un lieu où tout va trop vite.

Du bon boulot au service d’une culture urbaine qu’il est bon de valoriser. Pour aller plus loin : New York Minute

« Les dix stratégies de manipulation de masses » de Chomsky appliquées au gouvernement Sarkozy – Part II

Noam Chomsky

Ce billet est la deuxième partie de « les dix stratégies de manipulation de masses » de Chomsky appliquées au gouvernement Sarkozy – Part I

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

« Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements… »

A mon sens, le passage de Rama Yade (secrétaire d’état du gouvernement Sarkozy) le week end dernier chez Ruquier, illustre très bien ce point :

00:36 : « on sait ce qu’il en a coûté dans un passé pas si lointain, la négation des problèmes de sécurité : 21 avril 2002 »

00:50 : « quand on est face à un problème de sécurité, là par exemple concernant les Roms, c’était parti de l’affaire de St Aignant, une gendarmerie qui a été brulée »

2:42 : « tout cela est parti d’un fait divers, il est dans le rôle du gouvernement d’y répondre »

Bref, on reste dans toute la sémantique du gouvernement Sarkoziste, digne de l’argumentation du café du commerce. On est dans la lignée « de ces bandes de racailles que l’on va nettoyer au Karcher ».

En moins de 3 minutes Yade a agité toutes les peurs du français moyen, de droite comme de gauche, afin de justifier une mesure gouvernementale. Elle finie par une phrase très révélatrice, que je trouve extrêmement choquante, qui résume parfaitement la politique ou plutôt la communication du gouvernement Sarkoziste : « tout cela est parti d’un fait divers, il est dans le rôle du gouvernement d’y répondre ». Et bien non justement! Le rôle d’un gouvernement n’est pas de répondre à des faits divers. La fonction gouvernementale impose de prendre de la hauteur, de penser à froid, de bâtir une politique sur le long terme, d’être visionnaire, de prévoir les grandes mutations de notre société. Toutes actions contraires (basées sur l’émotionnelle et l’impulsivité justement) seront sans aucun doute néfastes.

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

« Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».

On pourrait ici écrire un livre entier en développant ces thèmes :

  • le choix des programmes de l’éducation nationale
  • la panne de l’ascenseur social
  • la diffusion et la place de l’information de qualité dans les médias
  • la mise à l’index, voir la censure des médias indépendants, des journalistes et des personnalités activistes

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

« Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte… »

Pour bien comprendre ce point allez sur une chaine de télé ou un poste de radio populaire, rendez-vous au kiosque de journaux le plus proche de chez vous… ou bien analysez le comportement, la sémantique de l’auteur du « casse-toi pauv’con! »

Sarkozy
9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

« Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!… »

«La France qui se lève tôt», la stigmatisation des fonctionnaires, des grévistes, des étudiants, des chômeurs, la suppression des allocations familiales pour les parents «déficients»… : toutes ces formules ou mesures servent à pointer du doigt certaines catégories de la population, afin de les rendre responsables d’une situation de crise.

C’est aussi un moyen d’appliquer la formule « diviser pour mieux régner », on en vient à accuser son voisin plutôt que l’action de l’état.

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

« Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes. »

La création du fichier EDVIGE et le vote de la loi HADOPI, qui autorise le contrôle d’internet, sont de très bons exemples du désir de l’état de s’immiscer dans nos vies afin de comprendre nos comportements.

Il suffit également de comprendre comment on maintient la population dans la peur de la guerre ou du terrorisme afin d’autoriser le vote des budgets colossaux des armées (parmi les principales dépenses des états). Le budget de l’armée, tel qu’il est appelé, sert en grande partie à financer des programmes de développement de nouvelles technologies.

La plupart des dernières grandes inventions sont issues des développements financés par des budgets militaires, les meilleurs exemples étant ceux de l’automobile, de l’aéronautique, de l’Internet ou encore des nanotechnologies. Les grandes avancés scientifiques sont désormais à la solde des états, ils en bénéficient pour maintenir leur position dominante. Ces progrès sont réalisés avec l’argent du contribuable qui n’en bénéficiera qu’avec parcimonie (dans la forme la plus élémentaire de ces inventions) et s’il se les paie.

« Les dix stratégies de manipulation de masses » de Chomsky appliquées au gouvernement Sarkozy – Part I

Noam Chomsky

Noam Chomsky est depuis une cinquantaine d’années le poil à gratter de l’impérialisme américain. Philosophe et linguiste, son travail vise à décortiquer et dénoncer les stratégies de manipulation des masses. Il a notamment analysé les moyens par lesquels les gouvernements nous « vendent » les guerres impérialistes et coloniales.

Un article publié sur pressenza.com résume assez bien le travail de Chomsky en publiant « Les dix stratégies de manipulation de masses ». Il est toujours intéressant et concret d’appliquer les concepts à une situation qui nous est proche et qui fait l’actualité. Je me suis amusé à appliquer l’analyse de Chomsky à l’action du gouvernement français. Le moins que l’on puisse dire c’est que notre président, que l’on considère comme un as de la communication, s’est contenté de lire l’œuvre du penseur américain :

1/ La stratégie de la distraction

« Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles. »

On peut affirmer sans contradiction, qu’il s’agit de l’arme principale du gouvernement actuel depuis sa prise de fonction. Depuis mai 2007, la machine est réglée et ne s’essouffle pas, chaque semaine, nous avons le droit à un grand fait médiatique futile qui monopolise la Une des médias et l’attention du grand public. L’actualité qui nous est imposée par le gouvernement via les médias, alimente nos discutions, nos débats et notre temps de cerveau disponible, qui nous permettrait de nous focaliser (et de nous révolter) sur l’essentiel.

Un bref retour en arrière et une relecture des Unes de l’ensemble de la presse nationale (pas seulement celle de droite) depuis le début du mandat suffit comme argumentaire : débat sur l’insécurité, divorce avec Cécilia, photos volées à Eurodisney avec Carla, mariage avec Carla, visite de Kadhafi, le gout du luxe de Dati, le fiston à l’EPAD, la grippe aviaire, les dérapages verbaux racistes des membres du gouvernement, le débat sur l’identité nationale, le voile et plus récemment les bombes qui ne demandent qu’à péter sous la Tour Eiffel…. J’en oublie évidemment, et c’est finalement normal, tout cela est du futile, de la poudre aux yeux, l’arbre qui cache la fôret. Aucun de ces sujets d’actualité, n’aura une incidence sur la politique à long terme en France. En étant sarcastique on pourrait affirmer que ces Unes auraient en fait leur place au rayon faits divers et pourtant…

Il faudrait un livre entier pour comprendre les stratégies qui permettent au gouvernement de vendre son poisson à la presse (au delà des amitiés présidentielles avec les patrons des grands médias et des différents lobbys). Ce livre Chomsky l’a écrit : « La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

« Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. »

Les exemples de ce type sont nombreux, mais la meilleure démonstration est selon moi le vote de la loi HADOPI. En faisant passer cette loi, l’état c’est immiscé dans un pan de nos libertés privées auxquelles il n’avait pas accès : celui d’Internet.

On ne peut pas remettre en cause les débordements que provoque cette zone de non-droit qu’est Internet. Le débat mérite d’être ouvert et je ne résumerai pas en quelques lignes tout ce qui a pu se dire à ce sujet. Cependant, en s’attaquant à ce problème le gouvernement a pris le contrôle d’une arme qu’il ne maitrise pas et de fait, qui lui fait peur.

Ce qui est dénonçable ce sont les arguments qui ont permis la promulgation de cette loi, la finalité des moyens que l’état s’est alloué n’ont rien à voir avec ce qui a été annoncé, soit lutter contre le piratage. Le véritable objectif est le contrôle d’Internet, quitte à bafouer les lois sur les libertés individuelles.

3/ La stratégie de la dégradation

« Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement. »

Sarkozy a souvent été décrit comme du Le Pen « light », le produit est le même mais, le packaging est mieux travaillé, beaucoup plus présentable, consensuel, moins choquant et capable de plaire au plus grand nombre. Dans le fond l’idéologie n’est pas la même, les parcours et les personnalités du borgne et du petit Nicolas rendent la comparaison exagérée. Cependant, ils ont en commun la mise à l’indexe de certains pans minoritaires de la population, sans pouvoir électoral et servant de bouc-émissaire.

Un linguiste comme Chomsky aurait de la matière en étudiant la sémantique utilisée par Sarkozy depuis 5 ans, d’un discours modéré, voir rassembleur, nous sommes passés à des propos stigmatisants, en passant par les dérapages (contrôlés) racistes, l’épisode du Karcher, pour arriver au discours de Grenoble cet été.

Petit à petit, la haine, l’exclusion de l’autre, une certaine forme de racisme se sont insérés dans les propos, dans les discours, dans les interventions. Comme le développe Chomsky, ce qui ressemble au début à des dérapages, fini par rentrer insidieusement dans les moeurs de chacun, puis dans la politique (debat sur l’identité nationale), pour finir dans les faits (démantèlement des camps de Roms et exclusion).

Il y a dix ans, sous Chirac, une telle politique d’exclusion n’était pas envisageable. Le terrain a été préparé et le conditionnement a permis de rendre cette situation acceptable.

4/ La stratégie du différé

« Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. »

Difficile pour cette partie de trouver un exemple qui soit lié à la politique de Sarkozy. Cependant, on pense assez vite à la gestion de la dette nationale ou à la gestion de la cotisation des retraites.

Dans les deux cas, le gouvernement qui prendra les décisions qui s’imposent se rendra impopulaire. Le remboursement de la dette sous-entend une période d’austérité, la reforme des retraites suppose que l’on travaillera plus longtemps.

Bref, les gouvernements qui se sont succédé se refilent la patate chaude au risque de voir plonger leur cote de popularité, fait qui montre les limites de la démocratie et des mandats de 5 ans. Mais c’est un autre débat…

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

« La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles. »

Pas besoin d’un long argumentaire pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le ton utilisé par nos politiques pour nous parler.

Voici deux vidéos, désormais cultes, qui termineront ce billet de retour aux affaires pour ce blog et qui illustreront avec le sourire ce dernier point. Pour les qualifier, je reprendrai les termes utilisés par Chomsky : « proche du débilitant ». A vous de juger :

Les 5 derniers points au prochain épisode…

Protest Song

Quel lien entre « La Marseillaise« , « Blowin’ In the Wind » de Bob Dylan, « Lyndon Johnson Told the Nation » de Tom Paxton et « Fight the Power » de Public Enemy ? Aucun me diriez-vous.

Les styles, les époques différencient ces titres et pourtant, ils ont tous en commun l’aspect de contestation et de révolte.

Deux siècles séparent « La Marseillaise » de « Fight the Power » mais l’essence et la finalité sont les mêmes. Ces chants sont scandés par et pour le peuple, envers un état, un pouvoir oppresseur et élitiste.

Si « La Marseillaise » est aujourd’hui considérée comme un chant barbare et guerrier, elle fut à l’époque le chant qui galvanisa les troupes lors de l’insurrection du Palais des Tuileries le 10 août 1792. Elle fut également le ciment des guerriers en 1870, 1914-1918 et 1939-1945.

La Marseillaise

« Maintenant, allons-y, ce que nous devons dire, le pouvoir au peuple sans tarder, pour faire voir à tout le monde, dans l’ordre pour combattre le pouvoir actuel » c’est ainsi que se termine le dernier couplet du fameux morceau de Public Enemy, pionnier du rap contestataire. Avant de tomber dans les travers du « bling bling », le Hip Hop avait avant tout l’ambition d’être la voix du peuple, le souffle de la rue, le CNN des ghettos comme le résume bien KRS-ONE.

Public Enemy – Fight the Power

Cette clameur émanant de la rage du peuple a toujours profondément inspiré la musique américaine. En marge de la « Marche sur Washington » de Martin Luther King et de La guerre du Viêt Nam, Bob Dylan, chantait « Combien d’années faut-il à la montagne pour arriver à la mer ? Combien d’années un peuple peut-il exister avant d’obtenir la liberté ? Et combien de fois un homme peut-il détourner la tête et faire comme s’il n’avait rien vu ? La réponse, mon ami, est portée par le vent, la réponse est portée par le vent » dans « Blowin’ In the Wind ».

Bob Dylan – Blowin’ In the Wind

Tom Paxton – Lyndon Johnson Told the Nation

La musique se nourrit de révolte et le peuple se réchauffe à la clameur des chants. Les artistes, les « intellectuels », comme « Les Lumières » en leur temps, sont souvent sources d’idées nouvelles, premières bribes de la contestation. Si l’on reprend les artistes et les époques que j’ai citées en exemple, à chaque fois les avancées furent considérables (la Révolution française, les droits civiques des Noirs aux États-Unis, Mai 68).

Aujourd’hui qu’en est-il ? Quelles sont ces nouvelles voix qui feront lever les masses ?

Evidemment, je pense que la culture Hip Hop a son rôle à jouer en tant qu’élément de contre-pouvoir et d’éducation. Malheureusement, sciemment ou non, cette musique a été largement formatée et caricaturée lui enlevant toute sa fibre contestataire et revendicatrice. L’univers musical actuel n’incite pas à l’optimisme, à mon sens la tecktonik n’a pas explicitement de revendication…

Mon espoir réside encore et toujours dans le Hip Hop, si les vrais acteurs de ce mouvement arrivent à s’organiser afin de reprendre le contrôle de cette musique alors l’espoir est permis.

Beautiful Losers

Beautiful Losers c’est d’abord un concept. Pour « métaphoriser », un Beautiful Loser c’est le glandeur du fond de classe qui n’en branle pas une, qui passe pour un cancre mais qui s’avère être un véritable génie lorsqu’on y regarde d’un peu plus près.

Le terme “Les Perdants magnifiques” apparaît dans les années 60, c’est le titre d’un romain de Leonard Cohen. Il fut reprit pour désigner la vague de déjantés de la Beat Génération qui évoluaient à contre-courant des « winners » de l’époque, les yuppies, fruits du capitalisme. Toutes une série d’artistes, originairement perçus comme bons à rien, sont issus de cette vague : Sly Stone, Ike Turner et tout un tas de groupes Punk. Leur devise est simple, « I don’t give a funk » et vivre au jour le jour. Finalement, il s’avère que ces mecs-là sont Beautiful, voir magnifique, car ils vont révolutionner la musique et l’art en général. L’équation est simple, ils naviguent à contre-courant, ils inventent donc de nouvelles tendances et deviennent avant-gardistes. Avec cette déontologie, il suffit d’un peu de talent pour devenir un génie, c’est ce qu’ils sont.

Au début des années 90, la nouvelle génération de Beautiful Losers est représentée par les sketteurs, les graffeurs, les hip hoppeurs et autres surfeurs. Ces mecs crades, sortis du bas-fond des grandes mégalopoles, semblent ne rien faire à part emmerder leur voisinage. Vingts ans après, on connaît l’influence que ces pionniers ont sur la musique que l’on écoute actuellement, sur les sapes que l’on porte et sur les pubs que l’on regarde à la télé…

Aaron Rose a décidé de rendre hommage à tous ces créateurs de tendances au travers d’expos, d’un livre mais aussi d’un documentaire dont voici le trailer :

Beautiful Losers – The film – Trailer

Si ce mouvement vous intéresse, je vous invite à voir ou à revoir le reportage réalisé sur ce sujet par la toujours excellente émission Tracks.

Beautiful Losers – Tracks Arte – Part 1

Beautiful Losers – Tracks Arte – Part 2

Beautiful Losers – Tracks Arte – Part3

JR – 28 Millimetres : Favela of Providencia – Rio de Janeiro

Come back du photographe JR dans les favelas de Rio de Janeiro, à Morro da Providencia.

Comme à son habitude, le photographe a tapissé un site symbole d’immenses photos de visages et de regards d’anonymes. Cette fois-ci, pour rendre hommage à celles qui occupent un rôle essentiel dans les sociétés et qui sont les principales victimes des violences : les femmes.

«Avec une balle, tu touches un homme, avec une photo, tu peux en toucher cent.» (habitant du favela)

Exploration urbaine

Petit documentaire assez « space » sur l’univers de l’exploration urbaine. L’ambiance mise place par la voix off me met presque mal à l’aise…

Source : Gonzague

Earth Day : Greenpeace s’attaque à Dove

C’était certainement LA vidéo virale de l’année 2007, celle qui a fait un buzz énorme et le tour du net. Il s’agit bien sûr de la vidéo Evolution de la marque Dove, on y voyait la transformation du visage d’une femme à vitesse accélérée. Dove nous montrait qu’il était possible de transformer une femme « banale » en un canon de beauté en maîtrisant l’art du maquillage et Photoshop. Avec ce message en fin de vidéo :

« No wonder our perception of beauty is distorted » (Pas étonnant que notre perception de la beauté soit déformée.)

C’était beau et la belle époque pour Dove…

C’est un phénomène assez classique, lorsque l’on a du succès, il faut s’attendre à être attaqué. Cette théorie s’est vérifiée pour Dove à l’occasion du Earth Day. Greenpeace vient en effet de réaliser un clip en forme de réponse à la marque du groupe Unilever.

Bien plus qu’un détournement ou une caricature de l’original, c’est un véritable coup de massue que vient d’assener le militant écologique à la marque de savon.

Jugez plutôt :

Bravo à Greenpeace. Un exemple qui fera réfléchir plus d’une multinationale, avant de la jouer moralisateur, balayez devant votre porte.

%d blogueurs aiment cette page :