Protest Song
Quel lien entre “La Marseillaise“, “Blowin’ In the Wind” de Bob Dylan, “Lyndon Johnson Told the Nation” de Tom Paxton et “Fight the Power” de Public Enemy ? Aucun me diriez-vous.
Les styles, les époques différencient ces titres et pourtant, ils ont tous en commun l’aspect de contestation et de révolte.
Deux siècles séparent “La Marseillaise” de “Fight the Power” mais l’essence et la finalité sont les mêmes. Ces chants sont scandés par et pour le peuple, envers un état, un pouvoir oppresseur et élitiste.
Si “La Marseillaise” est aujourd’hui considérée comme un chant barbare et guerrier, elle fut à l’époque le chant qui galvanisa les troupes lors de l’insurrection du Palais des Tuileries le 10 août 1792. Elle fut également le ciment des guerriers en 1870, 1914-1918 et 1939-1945.
La Marseillaise
“Maintenant, allons-y, ce que nous devons dire, le pouvoir au peuple sans tarder, pour faire voir à tout le monde, dans l’ordre pour combattre le pouvoir actuel” c’est ainsi que se termine le dernier couplet du fameux morceau de Public Enemy, pionnier du rap contestataire. Avant de tomber dans les travers du “bling bling”, le Hip Hop avait avant tout l’ambition d’être la voix du peuple, le souffle de la rue, le CNN des ghettos comme le résume bien KRS-ONE.
Public Enemy – Fight the Power
Cette clameur émanant de la rage du peuple a toujours profondément inspiré la musique américaine. En marge de la “Marche sur Washington” de Martin Luther King et de La guerre du Viêt Nam, Bob Dylan, chantait “Combien d’années faut-il à la montagne pour arriver à la mer ? Combien d’années un peuple peut-il exister avant d’obtenir la liberté ? Et combien de fois un homme peut-il détourner la tête et faire comme s’il n’avait rien vu ? La réponse, mon ami, est portée par le vent, la réponse est portée par le vent” dans “Blowin’ In the Wind”.
Bob Dylan – Blowin’ In the Wind
Tom Paxton – Lyndon Johnson Told the Nation
La musique se nourrit de révolte et le peuple se réchauffe à la clameur des chants. Les artistes, les “intellectuels”, comme “Les Lumières” en leur temps, sont souvent sources d’idées nouvelles, premières bribes de la contestation. Si l’on reprend les artistes et les époques que j’ai citées en exemple, à chaque fois les avancées furent considérables (la Révolution française, les droits civiques des Noirs aux États-Unis, Mai 68).
Aujourd’hui qu’en est-il ? Quelles sont ces nouvelles voix qui feront lever les masses ?
Evidemment, je pense que la culture Hip Hop a son rôle à jouer en tant qu’élément de contre-pouvoir et d’éducation. Malheureusement, sciemment ou non, cette musique a été largement formatée et caricaturée lui enlevant toute sa fibre contestataire et revendicatrice. L’univers musical actuel n’incite pas à l’optimisme, à mon sens la tecktonik n’a pas explicitement de revendication…
Mon espoir réside encore et toujours dans le Hip Hop, si les vrais acteurs de ce mouvement arrivent à s’organiser afin de reprendre le contrôle de cette musique alors l’espoir est permis.
Création d’une instru – Youssoupha – Les apparences nous mentent
Les producteurs Soulchildren nous ouvrent la porte de leur (chambre) studio. Participez à toutes les étapes de la création d’une instru.
La conception peut paraître artisanale, mais c’est aussi ça le Hip Hop, du bricolage et du talent. Quand la magie opère, cela peut donner naissance à de véritables pépites. C’est le cas avec “Les apparences nous mentent” de Youssoupha.
Youssoupha – Les apparences nous mentent
R.Wan
Je vous présente aujourd’hui la définition de l’éclectisme, le genre d’artiste que l’on a du mal à ranger dans un tiroir, à classer dans un genre. Son nom R.Wan, ancien chanteur du groupe Java. Son répertoire oscille entre rap, musette, reggae, ou encore chanson française… tout un programme donc.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore R.Wan, voici une petite vidéo de lui. Il y interprète l’un de ses textes “Le métro“. L’originalité de ce titre, vous vous en rendrez compte assez vite, est qu’il a mis bout à bout le nom de toutes les stations du métro parisien. Le résultat donne une performance textuelle incroyable et très poétique. Et devinez ou ça se passe… dans le métro.
Si vous aimez le style, je vous invite à découvrir l’album d’R.Wan, “Radio Cortex” et notamment un titre que j’adore : “Lache l’affaire“, une reprise du “Laisse Béton” de Renaud, mais actualisée à la sauce “génération Hip-Hop”.
Merci à Edonis et à Billou Billy pour la découverte.
Photo : www.lemague.net
Je viens de tomber sur un article du