Protest Song

septembre 22, 2008 at 10:31 (Art, Musique, Société) (, , , , , , , , , , )

Quel lien entre “La Marseillaise“, “Blowin’ In the Wind” de Bob Dylan, “Lyndon Johnson Told the Nation” de Tom Paxton et “Fight the Power” de Public Enemy ? Aucun me diriez-vous.

Les styles, les époques différencient ces titres et pourtant, ils ont tous en commun l’aspect de contestation et de révolte.

Deux siècles séparent “La Marseillaise” de “Fight the Power” mais l’essence et la finalité sont les mêmes. Ces chants sont scandés par et pour le peuple, envers un état, un pouvoir oppresseur et élitiste.

Si “La Marseillaise” est aujourd’hui considérée comme un chant barbare et guerrier, elle fut à l’époque le chant qui galvanisa les troupes lors de l’insurrection du Palais des Tuileries le 10 août 1792. Elle fut également le ciment des guerriers en 1870, 1914-1918 et 1939-1945.

La Marseillaise

Maintenant, allons-y, ce que nous devons dire, le pouvoir au peuple sans tarder, pour faire voir à tout le monde, dans l’ordre pour combattre le pouvoir actuel” c’est ainsi que se termine le dernier couplet du fameux morceau de Public Enemy, pionnier du rap contestataire. Avant de tomber dans les travers du “bling bling”, le Hip Hop avait avant tout l’ambition d’être la voix du peuple, le souffle de la rue, le CNN des ghettos comme le résume bien KRS-ONE.

Public Enemy – Fight the Power

Cette clameur émanant de la rage du peuple a toujours profondément inspiré la musique américaine. En marge de la “Marche sur Washington” de Martin Luther King et de La guerre du Viêt Nam, Bob Dylan, chantait “Combien d’années faut-il à la montagne pour arriver à la mer ? Combien d’années un peuple peut-il exister avant d’obtenir la liberté ? Et combien de fois un homme peut-il détourner la tête et faire comme s’il n’avait rien vu ? La réponse, mon ami, est portée par le vent, la réponse est portée par le vent” dans “Blowin’ In the Wind”.

Bob Dylan – Blowin’ In the Wind

Tom Paxton – Lyndon Johnson Told the Nation

La musique se nourrit de révolte et le peuple se réchauffe à la clameur des chants. Les artistes, les “intellectuels”, comme “Les Lumières” en leur temps, sont souvent sources d’idées nouvelles, premières bribes de la contestation. Si l’on reprend les artistes et les époques que j’ai citées en exemple, à chaque fois les avancées furent considérables (la Révolution française, les droits civiques des Noirs aux États-Unis, Mai 68).

Aujourd’hui qu’en est-il ? Quelles sont ces nouvelles voix qui feront lever les masses ?

Evidemment, je pense que la culture Hip Hop a son rôle à jouer en tant qu’élément de contre-pouvoir et d’éducation. Malheureusement, sciemment ou non, cette musique a été largement formatée et caricaturée lui enlevant toute sa fibre contestataire et revendicatrice. L’univers musical actuel n’incite pas à l’optimisme, à mon sens la tecktonik n’a pas explicitement de revendication…

Mon espoir réside encore et toujours dans le Hip Hop, si les vrais acteurs de ce mouvement arrivent à s’organiser afin de reprendre le contrôle de cette musique alors l’espoir est permis.

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Création d’une instru – Youssoupha – Les apparences nous mentent

mai 31, 2008 at 12:18 (Musique) (, , , , , , , , )

Les producteurs Soulchildren nous ouvrent la porte de leur (chambre) studio. Participez à toutes les étapes de la création d’une instru.

La conception peut paraître artisanale, mais c’est aussi ça le Hip Hop, du bricolage et du talent. Quand la magie opère, cela peut donner naissance à de véritables pépites. C’est le cas avec “Les apparences nous mentent” de Youssoupha.

Youssoupha – Les apparences nous mentent

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R.Wan

décembre 7, 2007 at 5:10 (Coup de coeur, Musique) (, , , , , , , , )

R.WanJe vous présente aujourd’hui la définition de l’éclectisme, le genre d’artiste que l’on a du mal à ranger dans un tiroir, à classer dans un genre. Son nom R.Wan, ancien chanteur du groupe Java. Son répertoire oscille entre rap, musette, reggae, ou encore chanson française… tout un programme donc.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore R.Wan, voici une petite vidéo de lui. Il y interprète l’un de ses textes “Le métro“. L’originalité de ce titre, vous vous en rendrez compte assez vite, est qu’il a mis bout à bout le nom de toutes les stations du métro parisien. Le résultat donne une performance textuelle incroyable et très poétique. Et devinez ou ça se passe… dans le métro.

Si vous aimez le style, je vous invite à découvrir l’album d’R.Wan, “Radio Cortex” et notamment un titre que j’adore : “Lache l’affaire“, une reprise du “Laisse Béton” de Renaud, mais actualisée à la sauce “génération Hip-Hop”.

Merci à Edonis et à Billou Billy pour la découverte.

Photo : www.lemague.net

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Une intellectuelle allemande analyse le Hip Hop français

décembre 5, 2007 at 4:36 (Musique, Société) (, , , , , , , , )

Je viens de tomber sur un article du Bondyblog, il nous présente la vision d’une intellectuelle allemande sur le Hip-Hop français. A priori, on se dit qu’une quinquagénaire allemande n’a aucune connaissance sur ce sujet et qu’elle va nous assommer avec des banalités. Et bien pas du tout, cette femme, Eva Kimminich, fait une belle analyse du message véhiculé par les rappeurs français, et de toute la symbolique sociale que ce mouvement représente.

Je me permets de reprendre un extrait de ce très bon article de Fethi Ichou.

“En arrivant dans la salle, je vois une dame d’une cinquantaine d’années monter à la tribune. Je commence à regretter ma visite de Munich. Moi aussi, j’ai des préjugés : une femme qui pourrait être ma mère parlant du rap ? Je m’installe et très vite, je suis surpris par le discours d’Eva Kimminich, professeur de littérature à l’Université de Fribourg en Brisgau. Elle explique comment elle en est arrivée à s’intéresser au hip hop et cela attise ma curiosité. Son approche est très originale : c’est en effectuant des recherches sur la censure touchant l’expression artistique en France au XIXème siècle qu’elle découvre que le rap français est vivement critiqué à la fin du XXème siècle.

Elle présente durant la conférence les textes de rappeurs attaqués en justice, notamment Monsieur R. ou Sniper, en précisant que même si ces textes sont « hardcore », ils sont nécessaires et révélateurs du malaise qui existe dans les quartiers. Pour Eva Kimminich, il existe un sentiment de mise à l’écart de plus en plus important dans les cités, le rap est aujourd’hui pour beaucoup le seul moyen de faire entendre leur voix.

Alors que certains considèrent le rap comme violent et les rappeurs comme des « barbares », Eva Kimminich voit plutôt dans le rap un des rares moyens d’expression pour la jeunesse des quartiers dont les rappeurs sont des porte-paroles. De son point de vue, le hip hop a une mission positive. Il transforme une énergie négative en une action positive. La culture hip hop est un moyen de s’intégrer dans la société, de prendre position et de se faire entendre pour des jeunes qui n’ont pas accès à la scène politique. D’après elle, les rappeurs français se démarquent par leurs textes engagés. Cela viendrait du fait que nombre d’entre eux sont issus de l’immigration et ont besoin de voir leur histoire s’inscrire dans l’histoire de France.

Le discours étonnant d’Eva Kimminich nous donne pour une fois une vision positive du hip hop complètement à l’inverse de l’image qu’on a trop souvent du rap en France.”

Source : bondyblog.fr
Photo : tasteofindie.com

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